Sécheresse et retrait-gonflement des argiles : un été sous tension et des conséquences potentielles pour les bâtiments

Les données récentes publiées par Météo-France démontrent que l’été 2026 s’inscrit parmi les épisodes de sécheresse les plus sévères en France. Au 15 juillet, l’humidité des sols atteint des niveaux exceptionnellement bas, dépassant ceux mesurés à la même période en 1976, 2022 et 2025. Cette situation résulte d’un déficit prolongé de précipitations combiné à des températures particulièrement élevées.

Parmi les effets du changement climatique, l’augmentation des températures accentue l’assèchement des sols. Depuis deux décennies, les épisodes de sécheresse prolongée se multiplient, rendant le phénomène de retrait‑gonflement des argiles (RGA) de plus en plus fréquent.

Selon le BRGM, une sécheresse comparable à celle de 2003 pourrait survenir une année sur trois entre 2020 et 2050, puis une année sur deux entre 2050 et 2080. Le coût cumulé de la sinistralité sécheresse sur la période 2020‑2050 est estimé à 43 milliards d’euros, soit un triplement par rapport aux trois décennies précédentes. En 2022, le coût des sinistres assurés liés au RGA a atteint entre 3 et 3,5 milliards d’euros, un record depuis la création du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles.

Dans ce contexte, les impacts potentiels sur les bâtiments deviennent un enjeu majeur. Préparer le patrimoine est essentiel pour limiter les dommages et les coûts futurs. Des solutions existent pour les particuliers comme pour les professionnels de l’immobilier.

Retrait‑gonflement des argiles : un phénomène lié aux sécheresses

Le RGA touche les sols contenant des argiles sensibles aux variations d’humidité. Comme une éponge, un sol argileux se rétracte lorsqu’il se dessèche et gonfle lorsqu’il retrouve de l’eau. Ces variations de volume, liées aux sécheresses, aux pluies et à l’environnement proche du bien, peuvent être lents mais suffisamment importants pour provoquer des mouvements du sol, puis se transmettre aux fondations et entraîner l’apparition de fissures ou de déformations dans les biens.

Principe du retrait-gonflement des argiles (RGA) lié aux variations d'humidité du sol
Source : OID (2026), Guide des solutions retrait-gonflement des argiles (RGA)

Un enjeu majeur pour les propriétaires de bien

Les propriétaires de maisons individuelles sont souvent en première ligne lorsque leur habitation se fissure, se déforme ou devient difficile à vivre. Selon le BRGM, 55 % du territoire hexagonal et corse présente aujourd’hui une exposition moyenne à forte au RGA, soit plus de 12 millions de maisons individuelles concernées. Les sinistrés alertent sur les difficultés de reconnaissance des dommages, d’indemnisation et sur la perte de valeur des biens.

Si la loi ELAN encadre les constructions neuves, le parc existant – 80 % des logements de 2050 – demeure particulièrement vulnérable. La prévention et la remédiation du risque RGA constituent donc un enjeu majeur d’adaptation au changement climatique.

Pour les propriétaires, il est important de s’informer afin de mieux comprendre le risque et de repérer les signes d’évolution du bâti. Cette connaissance facilite une détection précoce des désordres et aide à distinguer les gestes de prévention du quotidien des situations nécessitant l’intervention de professionnels. Elle peut être complétée par une caractérisation de la situation du bâtiment face au RGA, grâce aux outils de sensibilisation ou à des diagnostics spécialisés, comme une étude de sol.

Prévenir plutôt que subir : des solutions opérationnelles

L’enjeu est d’agir sur les causes du phénomène, en stabilisant l’humidité du sol autour du bâtiment grâce à une bonne gestion des eaux pluviales, des abords et de la végétation, afin de limiter les mouvements du sol argileux. Lorsque cela ne suffit pas, des interventions plus lourdes peuvent être envisagées, comme l’adaptation ou la reprise en sous‑œuvre des fondations.

Panorama des solutions mobilisables face au retrait-gonflement des argiles (RGA)
Source : OID (2026), Guide des solutions retrait-gonflement des argiles (RGA)

Face à un risque appelé à s’intensifier, la prévention est essentielle. L’OID publie le guide des solutions retrait-gonflement des argiles (RGA) qui rassemble 20 fiches solutions, dont 14 solutions de prévention, pour présenter de manière claire les principales réponses au phénomène et orienter les acteurs vers les professionnels compétents.

Nouvelle parution de l'OID : Guide des solutions Retrait-Gonflement des Argiles (RGA)

Deux outils pour analyser l’impact du RGA et passer à l’action : Bat‑ADAPT et ARG‑VIP

Pour évaluer l’exposition au RGA d’un bâtiment, l’OID met à disposition deux outils complémentaires, disponibles sur Resilience For Real Estate (R4RE), la plateforme de référence pour analyser la résilience dans l’immobilier et permettre le passage à l’action :

  • Bat‑ADAPT : Un outil d’aide à la décision permettant d’évaluer l’exposition d’un bâtiment et d’un patrimoine immobilier aux aléas climatiques, dont le RGA à 2050 et à 2090. Fin 2026, une analyse des vulnérabilités basée sur les caractéristiques du bâtiment sera disponible, permettant d’évaluer l’analyse croisée du risque Sécheresses et RGA. Il est destiné aux professionnels de l’immobilier, notamment les gestionnaires de patrimoine, les promoteurs, investisseurs, etc.
  • ARGVIP : Un outil en ligne pour anticiper le risque RGA d’un logement et identifier des solutions adaptées. Développé dans le cadre du projet ARG‑VIP, lauréat du dispositif France 2030 et financé par l’ADEME, cet outil est accessible à tous. À partir de l’adresse d’un bien, il permet d’évaluer l’exposition au RGA à l’horizon 2050 et d’identifier les facteurs aggravants. À partir de quelques caractéristiques du bien, l’outil permet d’identifier les parties du bien sensibles au RGA. L’outil informe sur les conséquences financières de l’inaction et propose des leviers d’action adaptés. Conçu comme un outil commun d’aide à la décision, il s’adresse à l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention et la remédiation du risque : particuliers, propriétaires, collectivités, promoteurs, assureurs et professionnels du bâtiment.
Ce que l'outil ARG-VIP permet d'analyser pour votre bien.

Ces outils reposent notamment sur la carte d’exposition au RGA du BRGM, récemment actualisée pour intégrer la forte sinistralité observée entre 2018 et 2022 (240 000 sinistres, soit 58 % du total depuis 1989). La nouvelle carte, officialisée par arrêté du 9 janvier 2026, est désormais annexée aux actes de vente de terrains constructibles et aux contrats de construction de maisons individuelles, et sera intégrée aux outils en septembre 2026 pour améliorer la précision des diagnostics.

Conclusion : agir dès aujourd’hui pour limiter les dommages de demain

L’été 2026 confirme une tendance observée depuis plusieurs décennies : les sécheresses deviennent plus intenses et plus fréquentes, et leurs impacts sur les bâtiments pourraient s’aggraver. Le retrait‑gonflement des argiles constitue un risque majeur pour des millions de logements en France.

La prévention, l’anticipation et la connaissance du risque RGA sont essentielles pour limiter les dommages. Le guide RGA, ainsi que les outils Bat‑ADAPT et ARG‑VIP offrent des ressources opérationnelles pour situer son exposition, évaluer les parties sensibles du bâtiment et mettre en œuvre des solutions d’adaptation face au changement climatique.

Pour aller plus loin, participez à notre webinaire sur l’adaptation : « Comprendre le risque RGA et agir chez soi grâce à ARG‑VIP », animé par l’équipe de l’OID. Retrouvez toutes les informations dans notre rubrique Agenda.

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