Projets de villes intelligentes : l’OID se penche sur les facteurs de succès

La coopération entre les différents acteurs impliqués dans les projets de villes intelligentes, l’OID soutient un projet étudiant de recherche sur ce sujet. L’un des principaux points marquants réside dans le rôle grandissant attribué aux citoyens au sein de leur ville.
Concernant le numérique, à New York, Montréal et même Songdo en Corée du Sud, les entreprises de télécommunication, avec les municipalités, visent à intégrer les citoyens et à faire participer les usagers au développement des projets. Ces villes intelligentes relient tout – bâtiments, lumières et rues – à Internet grâce à la puissance du Wi-Fi. L’idée est de rendre la ville plus efficace et pratique pour les usagers tout en améliorant les connexions entre la ville et les entreprises de télécommunications. Tel est l’objectif d’un réseau multiservice de haute vitesse : une collaboration entre le secteur public et le secteur privé pour rendre la ville plus moderne et efficace au service du citoyen.
Le domaine du bâtiment connaît une trajectoire similaire. De plus en plus d’immeubles nouvellement construits ou rénovés prévoient des systèmes d’information des habitants sur leur consommation d’énergie et d’eau, pour qu’ils puissent en optimiser l’usage. De même, afin de favoriser la consommation d’énergie produite localement, des systèmes décentralisés de gestion des transactions, comme la Blockchain, commencent à être utilisés pour des échanges d’énergie solaire au sein de quartiers. C’est le cas à Brooklyn, dans le cadre de la coopérative TransActive Grid.
Les gestionnaires de réseaux urbains intelligents misent eux aussi sur l’implication des citoyens pour la performance des réseaux. Concernant la gestion des déchets, des applications mobiles ont été développées afin que les citoyens puissent signaler un lieu de collecte surchargé ou avertir de toute autre anomalie. Grâce à ces informations, la gestion des déchets est alors mieux régulée, et ses coûts financier et écologique en sont réduits. Par ailleurs, le rôle des usagers évolue dans les réseaux énergétiques : de simples consommateurs, ils peuvent à présent devenir producteurs d’énergie via des systèmes de production décentralisés et responsables, le plus répandu étant pour l’heure le photovoltaïque. On parle alors d’usagers « prosumers », dont la sensibilité à l’égard de la gestion énergétique augmente visiblement en parallèle de leur implication dans ce processus.
Cette volonté de mise à contribution des usagers se retrouve également dans les projets pour une mobilité plus intelligente. De simple utilisateur d’un transport, l’usager se transforme en acteur de la mobilité, véritable générateur d’un service. Son rôle peut alors être de produire et partager de l’information concernant les perturbations du trafic, de mettre son véhicule à disposition d’autres usagers dans une démarche d’autopartage, ou encore de se proposer comme conducteur dans le cadre du covoiturage. Pour rendre cette contribution efficace, il est nécessaire que le grand public comprenne le processus actuel de déploiement de l’open data. Ainsi, des villes telles qu’Issy-les-Moulineaux ont souhaité rendre l’exploitation des données plus compréhensible à leurs concitoyens, notamment en leur ouvrant l’accès à plus de 60 nouvelles bases de données. Cette initiative illustre le lien croissant entre open data et démocratie participative, volonté affirmée dans la Loi pour une République numérique de 2016.
En effet, les acteurs publics et en particulier les communes et les intercommunalités grâce à leur compétence exclusive en matière d’urbanisme, sont des acteurs fondamentaux de l’organisation des territoires et mettent en place des outils innovants pour faire participer les citoyens à la création de la ville intelligente. Afin d’avoir une action plus ciblée et plus adaptée aux demandes des habitants, de nombreuses villes comme Paris ont mis en place des budgets participatifs, qui permettent aux citoyens de proposer en ligne des projets d’aménagement et de bénéficier d’un financement total par la commune. Certains organismes mettent également les citoyens à contribution dans leur processus d’innovation. Par exemple, à travers la plateforme idee.paris, un appel aux idées des citoyens a été lancé pour améliorer les propositions du dossier de candidatures de la ville de Paris pour organiser les Jeux Olympiques de 2024. La mise à contribution des citoyens à toutes les étapes du processus d’élaboration et d’évaluation des politiques publiques permet ainsi de créer des projets innovants et de renforcer l’adhésion des citoyens à la smart city.

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