Les épisodes climatiques extrêmes ayant touché l’Allemagne et la Belgique tirent la sonnette d’alarme sur l’urgence d’adapter les territoires européens au changement climatique.

Entre le 14 et le 15 juillet dernier, l’Allemagne et la Belgique, ont subi de violents orages qui ont provoqué des crues subites et d’importantes inondations. Le bilan humain s’élève aujourd’hui à 182 morts et ne cesse de s’alourdir. Les Pays-Bas et le Luxembourg ont aussi été touchés mais pour l’instant aucune victime n’est à déplorer. Ces évènements dramatiques doivent nous inciter à poursuivre les actions d’atténuation au changement climatique, ainsi que d’adaptation des territoires face à ses effets.

Des effets en cascade à prévoir

Si les pluies diluviennes et les crues enregistrées ont dévasté les zones touchées, elles sont également à l’origine d’autres phénomènes qui augmentent encore leur impact. A la suite d’importants glissements de terrains non loin de Cologne des maisons ont été emportées et certaines se sont effondrées. L’électricité, le gaz, l’eau potable et le téléphone ont parfois été coupés. Les perturbations des réseaux de communication rendent de nombreuses personnes injoignables et restreignent les interventions des secours. Les réseaux de transport sont impraticables dans une grande partie de la zone touchée. La circulation des trains à l’est de la Belgique, est interrompue et aucun transport alternatif n’est possible jusqu’à nouvel ordre.

Un enjeu d’atténuation

Pour les météorologues ce phénomène climatique extrême peut en partie être expliqué par le dérèglement climatique. En effet, l’augmentation de la température que provoquent nos émissions de gaz à effet de serre, accroît la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère qui se transforme ensuite en pluie.  Ces événements seront donc de plus en plus probables et de plus en plus intenses.

Ceci fait écho à l’urgence de lutter contre le dérèglement climatique dont les conséquences sont déjà délétères. En effet, parallèlement à ces inondations, l’Espagne, la Norvège et le Canada subissent des records de chaleurs, aux Etats-Unis 10 000 hectares ont brulé à cause d’incendies et des milliers de personnes ont dû être évacuées en Chine à la suite de montées des eaux. Les intensifications des aléas climatiques se font sentir de part et d’autre de la surface du globe.

Une nécessaire adaptation des villes et des bâtiments

D’importantes densités de population aux abords des rivières expliquent l’ampleur des dégâts. Elles posent la question de la planification urbaine et des enjeux existants face au déplacement des populations aujourd’hui à risque.

De plus, les précipitations ont entraîné la crue de petites rivières qui n’avaient pas la capacité (à l’inverse du fleuve) d’encaisser un tel choc. L’eau est ainsi montée subitement. Les Pays-Bas, n’ont quant à eux pas eu à déplorer de pertes si importantes. Selon le Premier Ministre néerlandais : « la première chose à faire, c’est donner l’espace aux rivières »[1]. Ainsi cette différence d’impact s’explique notamment par l’argent investi pour élargir les berges, entretenir les digues et protéger la population de la montée des eaux dans un pays où environ un tiers du territoire se trouve sous le niveau de la mer.

Cette crise a révélé un manque de sensibilisation de la population exposée. Ainsi, certains comportements permettant d’éviter des morts ou des dégâts supplémentaires n’ont pas été adoptés. L’électricité dans les bâtiments touchés n’a souvent pas été coupée et des dizaines de morts ont été retrouvés dans leur cave où l’eau pénètre facilement.

La zone touchée dans l’ouest de l’Allemagne est une zone particulièrement urbanisée. L’artificialisation du sol empêche l’infiltration naturelle de l’eau et celui-ci ne peut plus jouer son rôle d’éponge, ce qui aggrave les effets des inondations. Sur ce point, la loi climat résilience vise à donner un cadre légal à l’objectif de zéro artificialisation nette qui devrait impulser une démarche de préservation de la biodiversité et d’adaptation des territoires aux changements climatiques.

Enfin, les systèmes d’égouts en milieu urbain ont été prévus pour des débits d’il y a une centaine d’années. Ils ne sont pas du tout aptes à remplir leur fonction lors d’événements climatiques extrêmes ce qui entraîne des débordements. La place de l’eau en ville est ainsi à repenser. Pour cela, des systèmes de récupération d’eau de pluie, ou de végétalisation des toitures peuvent être envisagés. A l’échelle du bâtiment, ils risquent de devenir indispensables devant un renforcement des règlementations sur la réduction du débit de fuite à l’exutoire. Ces actions ainsi que beaucoup d’autres sont développées dans le guide des actions adaptatives de l’OID publié en mars 2021 qui vise à accompagner les acteurs du bâtiment vers la résilience face aux événements climatiques extrêmes.

Si la chancelière allemande Angela Merkel a qualifié la situation de « surréaliste et fantomatique », la laissant sans mots pour évoquer la gravité de ce qui s’est déroulé en Allemagne et dans les pays voisins, il est malheureusement avéré que la fréquence de tels évènements ne va aller qu’en augmentant. En première ligne face aux aléas climatique, le secteur du bâtiment va devoir s’engager avec vigueur dans les plans d’adaptation pour pouvoir améliorer la résilience des territoires concernés. Tout en amplifiant ses politiques de réduction de gaz à effet de serre pour limiter les effets du changement climatique au maximum. 

[1] https://fr.metrotime.be/monde/intemperies-le-premier-ministre-neerlandais-incrimine-le-changement-climatique-sans-aucun-doute

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