Une charte pour construire une ville durable pour tous

Les 8 et 9 juillet dernier s’est tenue la première édition de l’Université de la Ville de Demain, réunissant des décideurs publics et privés de la ville. Cette initiative, portée par la Fondation Palladio, avec l’appui de la Fabrique de la Cité, porte l’ambition de favoriser l’émergence de villes durables, sobres en carbone, inclusives, via l’action conjointe et fructueuse des acteurs privés comme des acteurs publics. Une charte signée par 150 participants et relayée par le journal Le Monde synthétise cette vision.

Le fruit d’un travail mené depuis deux ans

Si le changement climatique est dorénavant dans tous les esprits, il est parfois difficile, même dans des milieux sensibilisés à ces questions, de prendre pleinement conscience de la gravité de la situation. Or, dans la lutte contre le changement climatique, le bâtiment est un secteur essentiel. Il représente en effet en France 44% de la consommation énergétique pour 25% des émissions de gaz à effet de serre. Dans la Stratégie Nationale Bas Carbone qui fixe la feuille de route sectorielle pour parvenir à la neutralité carbone en 2050, le bâtiment fait partie des secteurs qui devront le plus décarboner leurs activités.

Dans ce contexte, la Fondation Palladio en partenariat avec la Fabrique de la cité, a imaginé et organisé un sommet rassemblant des décideurs publics et privés, des scientifiques et des membres de la société civile, autour de la thématique « la ville bas-carbone pour tous est-elle possible ? ». En amont de l’évènement, plusieurs groupes de travail réunissant des experts et des professionnels du bâtiment ont réfléchi à des thématiques telles qu’habiter la ville bas-carbone, financer de façon réaliste et ambitieuse de telles ville ou encore l’intégration des émissions de gaz à effet de serre du scope 3 dans les bilans carbone des structures.

Le temps du sommet

Point d’orgue de ces mois de préparation studieuse, le sommet de l’Université de la ville de demain a tenu sa première édition les 8 et 9 juillet dernier. L’un des objectifs de l’Université de la Ville de demain était de mettre en présence des scientifiques et spécialistes des questions environnementales avec les décideurs en capacité d’impulser une dynamique différente sur les projets urbains. Sans complaisance, Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherches au CEA, Magali Reghezza-Zitt, membre du Haut Conseil pour le Climat, et spécialiste des enjeux de résilience, Benoît Leguet, directeur général d’I4CE , ou encore John Kerry, envoyé spécial du Président des Etats-Unis sur les questions climatiques ont pu s’adresser aux participants afin de partager leurs connaissances et leurs convictions.

Plusieurs ateliers autour des villes, mêlant architectes et urbanistes ainsi que des élus locaux ont également eu lieu. Des temps d’échanges avec les participants permettaient de réagir aux présentations. Ils ont également pris connaissance des réflexions menées dans les groupes de travail au fil des mois.

Enfin, une initiative originale a été proposée, en partenariat avec la plateforme de mobilisation make.org : élaborer des propositions sur les différentes thématiques, afin qu’elles puissent être proposées plus largement à la rentrée 2021, d’abord aux collaborateurs des structures en présence, puis dans un second temps, au grand public.

S’affranchir du carcan réglementaire pour aller plus vite et plus loin

Au-delà de ce momentum réussi, l’important reste que les acteurs de la ville, les maires, les urbanistes, les patrons de grandes entreprises présents assument leurs responsabilités et s’approprient les enjeux de la lutte contre le changement climatique.

Différentes solutions sont à imaginer, dans un dialogue fructueux des parties prenantes. Mais il faut aller plus loin et viser désormais sans plus attendre le passage à l’échelle. Depuis le début du 21ème siècle, des démarches expérimentales ont fleuri à l’échelle des territoires français et partout dans le monde. L’heure est aussi à en tirer les leçons pour effectuer la transition vers une ville véritablement bas carbone.

Experts et scientifiques, urbanistes et architectes, patrons d’entreprise et élus locaux, s’engager pour une ville durable doit être l’affaire de tous. Mais pour opérer la bascule, c’est encore plus largement que la démarche doit diffuser. A ce titre, il serait intéressant de réfléchir à l’implication des actionnaires et administrateurs des entreprises du secteur, comme à celle de l’ensemble des professionnels du secteur et plus largement, de la société civile

Cette dynamique vient d’ailleurs redéfinir le rôle du réglementaire dans la transition écologique. La réglementation est un outil efficace et indispensable. Toutefois, il est certain que beaucoup peuvent porter plus rapidement l’ambition d’aller plus loin, de travailler à des plan climat ambitieux, de se doter d’outils de trajectoire bas carbone pour planifier et engager leurs efforts.

 

A l’issue de ce sommet, beaucoup ont envie d’agir. Au-delà de l’adhésion au projet, il faudra donc désormais suivre les impacts concrets de cette initiative. Espérons que l’exploit de réunir autant d’acteurs du secteur pour formaliser cette ambition commune sera le premier pas d’une série d’engagements et d’actions à impact positif !

 

Retrouvez la charte de l’UVD à ce lien.

Retrouvez la tribune du Monde – en édition abonnés – ici.

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