Retour sur la conférence de présentation du Baromètre de la performance énergétique et environnementale des bâtiments, mardi 21 janvier 2020.

Des consommations énergétiques en diminution mais loin des ambitions du Décret tertiaire.

Accueilli dans les locaux de la Caisse des Dépôts et des Consignations, l’OID a présenté ce mardi 21 janvier 2020 dans une salle comble la huitième édition du Baromètre de la performance énergétique et environnementale des bâtiments. Le Baromètre est disponible à ce lien.

La conférence a été introduite par Catherine MAYENOBE, Secrétaire générale du groupe – CDC, et animée par Loïs MOULAS, Directeur général – OID.

Quentin DESLOT, Chef du bureau de la réglementation technique de la construction (QC1) – Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire / Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, a présenté dans un premier temps les principaux éléments de l’arrêté tertiaire méthode. Cet arrêté définit les modalités d’application de l’article 175 de la Loi ELAN et du Décret tertiaire paru le 1er octobre 2019, dont l’objectif est de réduire la consommation énergétique finale des bâtiments tertiaires de 40% en 2030, 50% en 2040 et 60% en 2050. Cet objectif s’inscrit dans l’ambition de la Stratégie Nationale Bas Carbone, qui vise la neutralité carbone pour l’ensemble des activités en France en 2050. Cela correspond à ne plus avoir d’impact sur le climat, et de manière très opérationnelle, à diviser par 2 les consommations d’énergie en 2050 tous secteurs confondus.

Deux modes d’atteinte de l’objectif sont disponibles : un objectif relatif, et un objectif en valeur absolue défini par typologie de bâtiments. Ces valeurs seront définies dans un arrêté dit seuil à paraître au printemps 2020. Des modulations d’objectifs seront réalisées en fonction de l’intensité d’occupation ou en fonction de contraintes techniques, architecturales ou économiques. Les consommations énergétiques réelles des bâtiments seront à saisir annuellement sur la plateforme OPERAT à partir de 2021.

Oriane CEBILE, Responsable des projets et coordinatrice – OID, a ensuite présenté les conclusions du Baromètre 2019 de la performance énergétique et environnementale des bâtiments tertiaires, et depuis cette année, résidentiels. Les indicateurs sont calculés à partir d’une base de 19 500 bâtiments pour 42 millions de mètres carrés. Les consommations énergétiques des bâtiments de bureaux et des grandes surfaces alimentaires sont cette année encore en légère diminution par rapport à l’année passée. Cette diminution de 2% n’est cependant pas suffisante pour suivre une trajectoire répondant aux objectifs du Décret tertiaire, qui nécessiterait une baisse annuelle de 3% jusqu’en 2030 pour une année de référence fixée à 2013. Les bâtiments rénovés depuis 2008 ont une consommation inférieure aux bâtiments non-rénovés, cependant la rénovation énergétique doit s’inscrire dans le cycle normal de rénovation du bâtiment. La sobriété des usages et la bonne exploitation restent des leviers incontournables à mobiliser pour réduire les consommations.

Le déploiement des énergies renouvelables reste timide : pour 8% des bâtiments de bureaux renseignés est indiqué le recours à un contrat d’électricité verte pour tout ou partie du bâtiment, tandis que 2% des bâtiments de bureaux renseignés ont une production EnR sur site. A ce stade, les énergies renouvelables sur les bâtiments tertiaires relèvent plus de l’expérimentation que de la généralisation.

La répartition des consommations par usages a été présentée par Luc WELFRINGER, Responsable du pôle énergie – Manexi. Pour les bureaux, près de 30% de la consommation est due aux usages spécifiques. En y ajoutant l’impact des occupants sur les consommations de chauffage et de refroidissement, on comprend tout l’enjeu de coordonner les actions entre bailleurs et preneurs à bail. Les bureaux à haute fonctionnalité technique et haut de gamme prestige ont des consommations plus élevées que les bureaux standard et des parts relatives liées aux usages spécifiques beaucoup plus importantes. La part des usages CVC dans les bureaux construits après 2000 est plus faible que dans les bureaux plus anciens, néanmoins le niveau total de consommation reste sensiblement le même.

Un retour d’expérience a été partagé par Yann DESVAUX, Manager environnemental adjoint, Direction de l’immobilier – ADP. Le parc immobilier d’Aéroport de Paris, 1 million de m² de bâtiments, sur les sites d’Orly, Roissy et bientôt Le Bourget, représente l’équivalent des consommations énergétiques de 200 000 habitants en 1 année et 97 % des émissions de CO2 du parc immobilier. Celui-ci est de typologie diverse : tertiaires, logistiques, gare de fret, hangars à avions, etc. et rassemble donc une multiplicité de fournisseurs d’énergie, ce qui rend la remontée des données difficile pour établir un reporting énergétique.

La politique énergétique d’ADP est de réduire de 7% les consommations énergétiques sur 5 ans, entre 2016 et 2020. Les mesures prises ont permis d’accélérer le mouvement, et d’atteindre 18% de réduction des consommations énergétiques au niveau de la direction immobilière. Les objectifs sont atteints peu à peu grâce au renouvellement du parc immobilier, à la déconstruction de vieux bâtiments énergivores et aux actions menées sur l’exploitation des bâtiments. Des actions majeures sur l’éclairage ont permis de réduire la part de ce poste dans la consommation. Des actions sont également menées sur les moteurs de pompage et CVC ainsi que sur les pertes (production et distribution énergétique).

L’exploitation et la conception des bâtiments ou en le développement de l’autoconsommation sont des pistes d’amélioration.

 

Téléchargez le support de présentation de la conférence.

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