REPowerEU, le plan de l’UE pour l’indépendance énergétique : quels impacts pour le bâtiment ?

Face à la crise énergétique engendrée par la guerre en Ukraine, et dans le but de garantir le plus rapidement possible l’indépendance énergétique de l’Union Européenne, la Commission a annoncé en mai dernier le plan REPowerEU. En complément d’un travail avec ses partenaires internationaux en vue de diversifier les approvisionnements, ce plan met l’accent sur les économies d’énergies, et sur le développement des énergies renouvelables, en rehaussant les objectifs prévus précédemment par le programme Fit for 55. Le secteur du bâtiment doit jouer un rôle clef dans l’atteinte de ces objectifs.

Source : Communication de la Commission Européenne, Plan REPowerEU – 18/05/2022

 

Gérer la crise, et préparer la suite

La crise énergétique actuelle a mis évidence la dépendance excessive de l’UE à l’égard des importations de gaz, de pétrole et de charbon en provenance de Russie. Pour la réduire, le plan REPowerEU doit s’articuler autour de deux temporalités.

D’un part, le programme doit permettre de faire face à la crise à court terme, et préparer l’hiver 2022, en substituant les importations russes, et en sécurisant les réserves hivernales. C’est l’objectif des mesures annoncées le 20 juillet dernier, demandant aux Vingt-Sept de réduire leur consommation annuelle de gaz à hauteur de 15% jusqu’en mars 2023. Pour cela, les gouvernements nationaux ont jusqu’au 30 septembre pour adapter leurs plans d’urgence, dans le but économiser du gaz, à partir d‘octobre, en demandant notamment aux ménages de baisser leur thermostat et en imposant une réduction du chauffage des bâtiments publics, des bureaux et des immeubles à usage commercial. La Commission invite les Etats Membres à accélérer le déploiement des énergies renouvelables déjà en cours de lancement, ainsi qu’à se tourner vers d’autres sources d’énergies. Parmi les sources d’énergies alternatives, le charbon est une option avancée par la Commission, qui insiste cependant sur le caractère temporaire de cette dernière recommandation, rappelant que cela doit être fait sans compromette les objectifs de décarbonation de l’UE pour 2030. Enfin, l’UE compte sur un effort collectif et encourage à la sobriété énergétique, via le programme « Playing My Part ».

D’autre part, REPowerEU doit permette de décarboner, à moyen terme, l’énergie européenne, grâce au développement du renouvelable, ainsi qu’à des progrès en termes d’efficacité énergétique. C’est dans cette optique que le plan REPowerEU a relevé les objectifs de Fit for 55 :

  • Le gain d’efficacité énergétique à l’horizon 2030 passe de 9% à 13% ;
  • L’objectif d’énergies renouvelables à l’horizon 2030 passe de 40% à 45%.

Ce nouveau plan va nécessiter 210 milliards d’investissements supplémentaires d’ici 2027, qui seront financés par le dispositif de la facilité pour la reprise et la résilience.

 

Energies renouvelables : un accent sur le solaire

La stratégie de l’UE pour atteindre ces objectifs, en ce qui concerne les énergies renouvelables, repose en bonne partie sur l’énergie solaire : le plan REPowerEU prévoit de doubler la capacité solaire photovoltaïque d’ici à 2025, et d’installer 600 GW de capacités de production d’ici à 2030.

Pour cela, la Commission propose d’instaurer une obligation d’installer des équipements solaires sur tous les bâtiments publics, commerciaux neufs et existants d’ici 2027, ainsi que sur tous les bâtiments résidentiels neufs d’ici 2029. Plus largement, celle-ci souhaite généraliser les installations solaires en toitures.

Il n’est pas question, pour autant, de délaisser les autres solutions que sont l’éolien, la géothermie, mais aussi le biométhane et l’hydrogène. A titre d’exemple, le plan REPowerEU compte également doubler le rythme de déploiement des pompes à chaleur individuelles pour atteindre 10 millions d’unités supplémentaires d’ici 2027, soit un développement du parc de l’ordre de 24%, en 5 ans.

 

Sobriété & efficacité énergétique : deux leviers nécessaires pour le bâtiment

Enfin la Commission table sur une hausse de l’efficacité énergétique. C’est l’axe « le plus simple, le plus rapide, le plus efficace et le plus abordable » résumait Ursula von der Leyen, à l’occasion de l’annonce du plan REPowerEU.

Sur ce point l’UE compte sur un certain nombre de leviers d’urgence, et encourage les Etats Membres à développer des plans de communication spécifiques afin d’inciter les individus et les industriels à changer de comportement.

Mais la Commission a également souhaité introduire des mesures à plus long terme, en encourageant le Parlement et les Etats membres à envisager d’autres améliorations de Fit for 55. Celle-ci a, par exemple, suggéré une extension des normes minimales de performance énergétique des bâtiments, ainsi qu’un renforcement des exigences nationales en matière de chauffage dans les bâtiments existants. La Commission propose notamment d’avancer de 2025 à 2027 la date de fin des subventions accordées aux chaudières à combustibles fossiles.

Sur le plan réglementaire cela devrait se traduire par la reprise de la directive efficacité énergétique, qui fixe des objectifs globaux et indicatifs, d’une part, et, d’autre part, certains éléments devraient être intégrés à la refonte, en cours, de la directive EPBD (Energy Performance of Buildings Directive), plus contraignante et s’adressant plus spécifiquement au secteur du bâtiment.

Reste à savoir comment ces directives seront appliquées dans les Etats membres, mais face à la conjoncture actuelle, des mesures devraient être prises rapidement. Côté français, un alignement avec la stratégie européenne semble se dégager. Emmanuel Macron annonçait ainsi, le 14 juillet dernier, une stratégie d’urgence en deux parties : « La première chose, c’est la sobriété. La deuxième, développer le renouvelable ».

Le plan REPowerEU compte donc rehausser les ambitions du plan Fit for 55, tant en matière d’efficacité énergétique, que de développement du renouvelable. Pour cela, la Commission recommande notamment une généralisation des équipements solaires, ainsi qu’un durcissement des critères de performance énergétique. Ces ambitions devraient se traduire par une reprise des directives efficacité énergétique et performance énergétique des bâtiments (EPBD).

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