Programmation Pluri-annuelle de l’Energie : quel horizon énergétique pour le bâtiment en 2028 ?

La Programmation Pluri-annuelle de l’Energie – PPE – est un document qui fixe le cap énergétique de la France pour les années à venir. La PPE 2020 a été publiée au journal officiel le mois dernier et établit les objectifs français à horizon 2028. Ces objectifs sont déclinés pour chaque secteur. Qu’en est-il pour le secteur du bâtiment ? Quel doit être son mix énergétique en 2028 ? Quel volume de consommation énergétique est attendu ?

Les principes généraux du tex   te

La PPE s’inscrit dans un ensemble de textes environnementaux récents, parmi lesquels la Stratégie Nationale Bas-Carbone – SNBC – qui constitue la feuille de route des réductions d’émissions de GES ou encore la loi Energie-Climat qui pose un certain nombre de principes en matière de politique énergétique.

En toute logique, le premier volet repose sur la sortie progressive des énergies fossiles : la consommation d’énergie primaire de la France doit diminuer de 32% d’ici 2028 (voir tableau ci-dessous). Cette contraction concerne tous les types d’énergie fossile, y compris le pétrole, mais s’applique de façon drastique sur le charbon. Son exploitation doit décroître de 75% sur la période, et l’arrêt des dernières centrales exclusivement à charbon est prévu pour 2022.

Source : PPE 2020

En second lieu, un rééquilibrage entre les Energies Renouvelables (EnR) et le nucléaire doit être mené. Les EnR regroupent photovoltaïque et éolien, ainsi que l’énergie hydraulique et les bioénergies (biomasse, géothermie etc.). Deux scénarios sont considérés, en fonction de la rapidité de développement du photovoltaïque notamment, et font osciller la part du nucléaire dans le mix électrique entre 58% et 61% en 2028. Les EnR quant à elles doivent représenter entre 33% et 36% de ce même mix en 2028. Ces objectifs 2028 sont cohérents avec ceux prévus dans la loi Energie-Climat du 9 novembre 2019 : les EnR devront représenter au moins 40% du mix électrique en 2030, la part du nucléaire devant quant à elle être rapportée à 50% du mix électrique en 2035.

Enfin, et c’est peut-être le plus marquant des objectifs du texte, la PPE table sur une réduction de la consommation énergétique globale de 16,5% pour le pays d’ici 2028. Cette diminution significative (voir tableau ci-dessous) devra donc intégrer une amélioration de l’efficacité énergétique (i.e. consommer moins d’énergie pour un même usage) ainsi qu’une modification de l’usage en lui-même.

Source : PPE 2020

 

Quelles conséquences pour le secteur du bâtiment ?

Le bâtiment décline de manière parfaitement cohérente les objectifs généraux de la PPE.

Tout d’abord, le bâtiment doit voir sa consommation annuelle d’énergie finale baisser de 15%, pour passer de 745 TWh à 636 TWh. A ce titre, la mise en œuvre du décret tertiaire, qui fixe un objectif de réduction de consommation d’énergie finale de -40% à horizon 2030 pour les bâtiments tertiaires de plus de 1000 m² s’inscrit donc dans un cadre parfaitement clair pour le secteur et pour l’évolution de la consommation énergétique globale du pays. Le graphe ci-dessous décompose les trajectoires de diminution du secteur pour le résidentiel et le tertiaire :

Source : PPE 2020

En termes de mix énergétique du secteur, la projection pour 2028 montre clairement une réduction des énergies fossiles (gaz et produits pétroliers), et entérine la disparition du charbon. Dans le même temps, le volume d’électricité reste stable, ce qui revient à augmenter sa part dans le mix (voir graphe ci-dessous) :

Source : PPE 2020

 Le texte complet de la PPE est disponible ici.

 L’analyse de la PPE permet de replacer les évolutions réglementaires du secteur du bâtiment – que ce soit le décret tertiaire ou la RE 2020 pour ne citer qu’eux – dans un cadre plus large, et de mieux comprendre les enjeux derrière ces dispositifs. Ce texte fait l’effort louable de mettre en cohérence un ensemble d’objectifs et de dispositions contenus dans d’autres documents officiels (SNBC et loi Energie-Climat notamment). L’objectif assumé de réduction de la consommation en énergie finale est également un signal positif : le secteur va devoir enclencher une réflexion essentielle sur la question, afin de pouvoir atteindre les consommations-cible et de faire sa part dans la transition énergétique à venir.

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