Les matériaux bio- et géosourcés : Quelle opportunité pour l’immobilier ?

Face à un contexte favorable à leur développement dans l’immobilier, notamment avec la RE2020, les matériaux bio- et géosourcés se développent et rencontrent un fort intérêt de la part des acteurs du secteur. Afin de leur fournir un panel d’informations techniques relatives à différents matériaux et des outils clés en main sur leurs usages, 6 étudiants du Master DDMEG (Développement Durable Management Environnemental et Géomatique) de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne ont travaillé pour l’OID sur 11 écomatériaux. Ces matériaux, avec une empreinte environnementale et des propriétés similaires voire meilleures que les matériaux classiques, sont-ils une opportunité pour ancrer les pratiques constructives des acteurs du secteur immobilier dans les défis du changement climatique (faible empreinte carbone et atténuation du changement climatique) ?

 

Un contexte favorable au développement des écomatériaux

La nouvelle réglementation environnementale, RE2020, qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2022, a pour but la décarbonation du secteur de la construction. Dans ce sens, elle met en avant les écomatériaux comme alternatives aux matériaux traditionnels.

Grande nouveauté de cette réglementation : la prise en compte de l’impact carbone des matériaux utilisés dans le bâtiment, de sa construction à sa démolition. L’analyse de cycle de vie (ACV) proposée prend notamment en compte le stockage carbone des matériaux utilisés, particulièrement important pour le bois et d’autres matériaux biosourcés. Le matériau bois est en effet particulièrement vertueux sur le plan de la méthode dite de l’ACV dynamique, puisqu’il capte le carbone en début de cycle de vie, avant de le libérer en fin de cycle de vie. Le développement du recours au bois est visé dans la RE 2020.

L’objectif est donc clair : changer d’échelle pour la construction bas-carbone.

Par ailleurs, la RE 2020 vise également à rendre les bâtiments plus agréables en cas de forte chaleur. Les constructeurs seront encouragés à développer des solutions de climatisation passive qui pourront notamment passer par le recours aux matériaux biosourcés dont les propriétés thermiques sont intéressantes.

Autant d’opportunités pour le secteur des écomatériaux !

 

Des difficultés de prise en compte des enjeux liés aux écomatériaux

 

Cependant, les acteurs de l’immobilier font face à de nombreuses difficultés pour intégrer les écomatériaux dans leurs pratiques. Les écomatériaux sont des matériaux biosourcés (issus totalement ou partiellement de la biomasse – matière organique renouvelable d’origine végétale ou animale) ou des matériaux géosourcés (matériaux issus de ressources d’origine minérale). Ils sont peu connus des acteurs et sujets aux a priori. Le coût et les difficultés techniques ainsi que les contraintes réglementaires semblent être un frein important à l’utilisation de ces matériaux, bien que l’intérêt pour l’impact environnemental faible de ceux-ci soit fort. En effet, d’après un sondage réalisé par l’OID entre octobre 2020 et janvier 2021, 61% des répondants citent l’impact environnemental comme critère le plus important dans le choix des matériaux de construction, mais 68% n’ont pas suivi de formation sur le sujet et estiment être mal informés.

 

Des matériaux aux propriétés multiples

Les écomatériaux répondent à de nombreux défis environnementaux actuels et futurs. En voici quelques exemples :

Le bois, dont la filière d’exploitation est très structurée et gérée durablement, est un véritable puits de carbone, tout comme le chanvre, qui, utilisé sous forme de béton ou de laine absorbe plus de dioxyde de carbone qu’il n’en émet sur l’ensemble de son cycle de vie, ce qui en fait, au moins sur 100 ans, un matériau au bilan carbone négatif (-0,35kg eqCO₂/an). Le miscanthus, quant à lui, pousse sur des sols impropres à la culture et les dépollue par absorption dans ses fibres. La paille a de grandes propriétés thermiques et permet de faire respirer les murs, donc améliore la qualité de l’air des bâtiments. La ouate de cellulose a, de son côté, de grandes propriétés hygrométriques : elle peut capter jusqu’à 30% d’humidité par rapport à son poids sans ni se dégrader ni pourrir. D’autres matériaux, comme la laine de coton, offrent une atmosphère saine dans les bâtiments car repoussant les acariens, moisissures et champignons.

Face à ces multiples atouts, les écomatériaux promettent d’être au cœur des pratiques des acteurs du secteur de l’immobilier dans les prochaines années.

 

Un Guide des écomatériaux pour l’immobilier

 

L’objectif du travail réalisé par les étudiants pour l’OID est ainsi de démocratiser les enjeux liés à ces matériaux pour en généraliser l’usage, via des informations claires, concrètes et accessibles sur un panel de 11 écomatériaux :

1 – Le bois

2 – Le chanvre

3 – La paille de colza

4 – La fibre de miscanthus

5 – La balle de riz

6 – La paille

7 – Le liège

8 – La ouate de cellulose

9 – La laine de coton

10 – La laine de lin

11 – La terre crue

Les livrables sont constitués de fiches synthétiques (informations sur la filière, disponibilité du matériau en France, coût etc.), de retours d’expérience sous la forme de vidéos et d’un benchmark interactif avec des informations techniques sur la filière, livrables constituant un véritable Guide des écomatériaux en immobilier.

 

Téléchargez les livrables à ce lien.

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